Le Cortège


La ducasse est une tradition populaire de la ville d'Ath, dans le Hainaut, en Belgique.  Remontant au Moyen Âge, elle s’est enrichie au fil du temps, pour devenir une fête très appréciée qui dure plusieurs jours, caractérisée par la présence de géants processionnels, de chars décoratifs et de groupes historiques.

Depuis le XVe siècle, le phénomène des « géants » est bien présent en Europe occidentale dans les processions et cortèges, les carnavals ou les fêtes publiques en général.  Le contexte politique, économique et culturel a changé mais les géants ont survécu là où la tradition s'est solidement enracinée dans les populations.  Ce cortège qui, directement issu des processions, a conservé ses géants anciens, est animé par une population locale qui leur demeure extrêmement attachée.  La ducasse est l'événement majeur de la vie festive régionale.  Elle donne lieu a de nombreuses réjouissances et manifestations culturelles.

La ducasse d'Ath est inscrite depuis 2008 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l'UNESCO, après sa proclamation en 2005, comme élément des Géants et dragons processionnels de Belgique et de France.

Le cortège actuel suit un ordre immuable, fixé par la tradition.

Les volontaires sapeurs pompiers (présents dans le cortège depuis 1885) défilent en tête.  Leur popularité s'est accrue après la catastrophe de Ghislenghien.  Suit l'Aigle à deux têtes, accompagné de la fanfare de Meslin-l'Évêque.  La Barque des pêcheurs napolitains est un char de fantaisie créé par la société chorale « Les Matelots de la Dendre ». Il défile dans le cortège en 1853 et en 1862 avant d'être pris en charge, en 1865, par la société des « Pêcheurs napolitains » puis par les « Braves de la Dendre ».  Le « Sauvage » est présent depuis 1873 au moins. Le Saint-Christophe de Flobecq, monté sur échasses, est attesté depuis 1462.

Les Bleus, compagnie des canonniers arquebusiers, participent à la procession depuis le XVe siècle, bien avant l'apparition du géant Samson qu'ils escortent.  En effet, celui-ci, accompagné de la fanfare de Moulbaix, ne fut créé qu'en 1679. Ensuite vient le groupe du Canon du mont Sarah, qui évoque la Révolution belge de 1830.  Il montre l'épisode où les patriotes athois, harangués par la dentellière Anne-Marie Leroy, s'emparèrent du canon des exercices de tir de l’ancienne confrérie des canonniers et l'emmenèrent à Bruxelles.

Sur le char de l'Horticulture, la déesse Flore trône sous un dais de style 1900 au-dessus d'un parterre de fleurs et de nymphes. Ce char décoratif a été créé en 1850 sous le nom de « char des Jeunes Filles ».  Consacré à Vénus en 1851, il deviendra par après le char de Flore (1860) puis de l'Horticulture (1876).  Vient alors Ambiorix, le géant des archers est attesté depuis le XVIIIe siècle sous le nom de Tirant.  En 1850, il se métamorphose en Ambiorix pour évoquer l’histoire locale et nationale tout en gardant son arc et ses flèches.  La fanfare d’Irchonwelz le fait danser. Les hallebardiers sillonnent cette partie du cortège lors de leurs manœuvres.  Ils escortent en fait le char des États provinciaux, qui figurait dans le cortège organisé à Bruxelles à l'occasion du cinquantenaire des chemins de fer, sous le nom de char de la Musique des Marchands de la Ligue hanséatique.  Acheté par la Ville d'Ath en 1885, il a été transformé en char des États provinciaux pour rappeler que cette assemblée du comté de Hainaut s'est réunie à Ath en 1572.  Le char de la Navigation, figurant en 1885 dans le même cortège que le précédent, évoque une barge qui assurait la liaison entre Bruges et Gand au XVIe siècle.

Mlle Victoire a été créée en 1793 pour célébrer une victoire des Autrichiens sur les Français. Détruite en 1794, elle fut recréée en 1860.  Elle symbolise la Ville d'Ath dont elle porte les couleurs : violet, blanc et jaune.  C'est la fanfare de Lorette qui la fait danser.

Sur le char de l'Agriculture, la déesse Cérès, entourée de paysans et de paysannes, trône parmi les gerbes de blé et les instruments agricoles dans un décor inspiré de l’époque 1900.  Tel qu'il est, le char remonte à 1905.  Il a alors remplacé le char des Moissonneurs qui existait déjà en 1860 mais avait disparu à la fin du XIXe siècle.  Le char est escorté par un groupe de paysans.  Les hommes d'armes du XVIe siècle, comme les hallebardiers, circulent dans le cortège et ne restent pas à une place bien déterminée.  Ils accompagnent en principe le char d'Albert et Isabelle, introduit dans le cortège en 1906 après avoir figuré, l’année précédente, dans le cortège du 75e anniversaire de l’Indépendance à Bruxelles.  Il rappelle aux Athois le règne des archiducs Albert et Isabelle.  C’est à eux que l'on doit la construction de l’Hôtel de Ville dès 1614. La Royale Alliance athoise fait danser le cheval Bayard.  Introduit dans la procession en 1462, il disparut au cours du premier quart du XVIe siècle.  Le destrier, chevauché par les Quatre fils Aymon, fut recréé par le sculpteur et archéologue René Sansen et réintroduit en 1948 dans le défilé, grâce à une société de gymnastique locale.  Seize porteurs le font danser au son de la fanfare de Huissignies.

Dès 1876 et jusqu'en 1885 au moins, un char de la Belgique circulait dans le cortège.  Le char des Neuf Provinces a été conçu par le décorateur bruxellois Govaert en 1880.  Une déesse, représentant la Belgique, est entourée par neuf demoiselles portant le blason de chaque province du pays.  Le groupe des 5 cantons comporte cinq cavaliers qui portent des fanions où figurent les noms : Ath, Chièvres, Flobecq, Frasnes et Quevaucamps (cantons de l'arrondissement d'Ath). Le Groupe des 19 communes fut introduit en 1997 (pour le 20e anniversaire de la fusion des communes).  Il présente le blason de la Ville d’Ath et les armoiries des 18 autres communes de l'entité.



Le char de la Ville d'Ath, conçu en 1850, est le successeur du char de la Ville qui figurait dans la procession depuis 1715.  La déesse de la ville siège dans un temple monoptère au-dessus des personnalités qui ont illustré l'histoire de la cité.

On découvre ainsi :
Monsieur et madame Goliath dansant sur un air d'origine ancienne, probablement d'origine médiévale, le « Grand Gouyasse », en deux endroits bien précis : le pont du Moulin et le pont du Gâdre au son de la fanfare Saint-Martin d'Ath. David les précède. La garde de Goliath (Magnon, les hommes de feuille et les Chevaux Diricq) est une sorte de service d'ordre burlesque. Le conseil communal termine le cortège. Présents dans le cortège dès le Moyen Âge, les membres du conseil communal sont sur le char de la Ville à partir de 1715. Les calèches apparaissent en 1899.